Sports et Loisirs
La pêche en mer
LA vogue de la pêche en mer ne cesse de croître bien qu'elle soit relativement récente, puisqu'elle remonte à une soixantaine d'années. Trois séries de facteurs peuvent expliquer ce succès tardif :
- Facteurs écologiques. Les restrictions apportées à la pêche en eau douce, l'appauvrissement des rivières et des étangs, ainsi que leur pollution croissante, ont contribué à populariser la pêche en mer.
- Facteurs économiques. La hausse du niveau de vie, le développement des loisirs et des moyens de transport ont favorisé cette évolution.
- Facteurs techniques. Le poisson de mer, souvent très puissant, nécessite l'emploi d'un matériel particulièrement robuste. Les cannes en fibre de verre, les fils de nylon, les moulinets multiplicateurs et le tambour fixe permettent des prises autrefois réservées à la pêche au filet.
Il serait erroné de croire qu'en mer le poisson se laisse prendre n'importe où, n'importe comment. Le pêcheur doit connaître les bancs et les repaires et choisir, pour chaque espèce, le matériel, la méthode et l'esche appropriés. En mer, une belle pêche est toujours très fine : elle joue sur la souplesse de la canne et l'élasticité de la ligne. D'autre part, il est nécessaire de spéculer sur les marées. Ainsi, le pêcheur doit savoir que le poisson mord mieux près des côtes à marée montante et au début du jusant. Au large, en revanche, la prise est meilleure en fin de jusant et au début de la marée montante. La période des mortes-eaux, au cours de laquelle l'amplitude de ces mouvements est la plus faible, est moins propice que celle du "vif de l'eau".
L'équipement
- Le matériel de rivière en milieu maritime
Pour pêcher l'anguille "à soutenir" dans un port ou sur une côte rocheuse, l'amateur peut se contenter d'une canne à vif. Elle doit être assez lourde, équipée d'un moulinet fixe, d'une ligne fortement plombée, longue et robuste (20/100 de millimètre au port, 50/100 en côte rocheuse). Si l'on désire prendre du poisson de petite taille au flotteur dans un bassin portuaire, une canne à gardon suffira. Sur les côtes rocheuses, en revanche, il faudra un matériel plus imposant : canne de 5 mètres et nylon de 40/100. Enfin, les cannes à lancer peuvent servir en côte rocheuse : canne à truite pour les maquereaux, à brochet pour les bars et les lieus.
Le pêcheur doit se munir d'une gaffe, en prévision d'une grosse prise. Après la partie de pêche, il n'oubliera pas de rincer soigneusement son matériel à l'eau douce.
- L'équipement spécial
La canne. Le matériau idéal est ici la fibre de verre. Les caractéristiques de la canne varient selon les techniques :
- Pêche à soutenir dans les ports et le long des côtes rocheuses, pêche au lancer : utiliser une canne de 3 mètres, robuste et puissante, capable de lancer très loin des lignes fortement plombées (100, 200 grammes et plus).
- Pêche à soutenir depuis les plages (surf-casting). Choisir une canne de 5 ou 6 mètres, assez puissante pour lancer à cent mètres une ligne très plombée.
- Pêche en bateau. Le pêcheur se trouvant en principe au-dessus du poisson, une canne de 2 mètres suffira. La souplesse et l'épaisseur du scion devront être adaptées à l'importance de la proie recherchée.
- Pêche à la ligne flottante. Canne de 5 mètres environ, munie d'un scion assez rigide.
Le moulinet. Il doit pouvoir contenir une longueur importante de fil épais. Un moulinet inoxydable à tambour fixe peut suffire. Le pêcheur en bateau peut également utiliser un dispositif à multiplicateur.
Amorces et appâts
- L'amorce est en général une pâtée à base de poisson, de coquillages ou de crustacés, alourdie de farine, d'arachide et de sable. Ce graissin est indispensable pour la pêche au flotteur. Il attire les poissons tels que le bar, la daurade, la morue et le mulet. L'amorce doit être constamment entretenue par jets de petites quantités de pâtée.
- Les appâts sont extrêmement variés : vers marins (arénicoles ou néréis), coquillages, maquereaux, calmars, crevettes, étrilles, etc. Dans tous les cas, il conviendra de s'assurer de leur fraîcheur, car le poisson de mer est très connaisseur et, de ce fait, peu facile à abuser.
Les techniques de la pêche en mer
La pêche à soutenir. Son principe est le même que pour la pêche à soutenir en eau douce. La ligne, qui peut être équipée de plusieurs hameçons, est maintenue en place jusqu'à ce que le poisson morde. La tenue est ici assurée par un lest de plomb accroché à un émerillon. La pêche à soutenir en mer connaît de nombreuses variantes :
- Pêche à soutenir au bord de l'eau (ports et côtes rocheuses). Elle exige des montures d'hameçons différentes selon que le pêcheur s'intéresse au poisson plat, à la morue, à la daurade ou au congre.
- Pêche en bateau. Le bateau doit être mis au mouillage. Trois types de montures peuvent être utilisés, selon que l'on pêche, d'une part le chien de mer, le congre et la raie, d'autre part le poisson plat, la canthère et la vieille, ou enfin la morue.
- Pêche à soutenir depuis les plages. La ligne est lancée très loin. Quand le plomb a touché le fond, le pêcheur plante la canne verticalement, ligne tendue, et attend la touche. Cette technique convient, dans le Nord, au poisson plat, au bar ou à la morue et, dans le Sud, à l'ombrine et au maigre.
La pêche au lancer. La technique est la même que pour la pêche en rivière. Pour prendre des poissons tels que le bar, la bonite ou le lieu, le pêcheur doit choisir des cuillers lourdes.
La pêche "à la mitraillette". Le bas de ligne, maintenu sur place par un plomb, supporte toute une série de mouches suspendues à des potences. Cette pêche se pratique depuis le bord et, surtout, d'un bateau en dérive. Elle permet des prises très variées telles que bar, maquereau, morue, orphie, mulet, etc.
La pêche à la ligne flottante. Surtout efficace dans les à-pics profonds, le long des côtes rocheuses, elle exige des lignes et des bas de ligne tout en finesse, et de petits hameçons.
Une variante pleine d'intérêt est la pêche au requin bleu et au milandre, pratiquée en bateau. La canne doit être extrêmement solide. L'amorçage, à base de poisson frais, sera très abondant. Un maquereau, un hareng ou un chapelet de sardines servent d'appât.
La pêche à la traîne. Elle permet de pêcher le maquereau, le bar ou le lieu depuis un bateau se déplaçant à petite vitesse. Pour le maquereau, des cuillers ou des morceaux de maquereau servent de leurres ; ils sont fixés à des empiles espacées régulièrement sur le bas de ligne et prolongées par des hameçons. Pour le bar et le lieu, le leurre est une cuiller, une anguille de caoutchouc ou un "poisson nageur".
Le 08 Novembre 2005
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